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Cha Do Hyun est un chaebol (un héritier) qui, depuis un traumatisme subi dans l'enfance, souffre d'un trouble dissociatif de l'identité. Il partage ainsi son corps avec cinq autres personnalités : Shin Se Gi, Perry Park, Ahn Yo Seob, Ahn Yo Na et Nana. 

Après avoir subi un traitement de plusieurs années aux Etats-Unis, il est de retour en Corée du sud, où il fait la connaissance de Oh Ri Jin, une jeune psychiatre résidente de première année. Après plusieurs rencontres plus ou moins fortuites, Cha Do Hyun finit par l'engager pour l'aider à se soigner.

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 I/ Casting

   1. Ji Sung OPPA !!!!!

La grande qualité du drama repose sans aucun doute, et en grande partie, sur la performance de l’acteur coréen Ji Sung (Protect The Boss, Defendant) qui joue le personnage principal, Cha Do Hyun, avec un talent impressionnant. Le travail de Ji Sung est magistral. Aidé par un véritable travail de fond réalisé sur le caractère de chaque personnage qui bénéficie tous d'une identité distincte, d'un style identifiable et reconnaissable, d’une façon de parler particulière...

Par ailleurs, le rôle joué par Ji Sung aurait très bien pu tomber dans la caricature et à vrai dire, dans un premier temps, ce fut cette crainte qui m'empêcha de regarder le drama à sa sortie, alors qu'était diffusé en même temps le drama "Hyde, Jekyll & Me", qui est, pour le coup, plutôt ennuyeux. Cependant, son interprétation est convaincante et irrésistible. D’ailleurs, la bonne réception des téléspectateurs coréens mais aussi étrangers et un taux d'audience correct (10% de moyenne) de Kill Me, Heal Me tendent à montrer que le drama a plutôt convaincu et plu, et qu'il ne faut certainement pas se fier aux apparences !

   2. ...Et le reste du casting ?

En ce qui concerne le reste du casting, et notamment le premier rôle féminin, je me joindrais à l'avis global, à savoir que, même si Hwang Jung Eum est une bonne actrice, elle surjoue de manière excessive et crie beaucoup trop dans ce drama, et cela devient, à force, désagréable. Toutefois, cette tendance est surtout valable au début du drama, elle se calme beaucoup à la fin, heureusement pour les tympans des spectateurs. Cela dit, elle reste bien investie dans son personnage et son alchimie avec Ji Sung est incroyable, si bien qu'ils forment un couple attachant, et pourtant leur histoire traîne beaucoup de casseroles.

Park Seo Joon (Witch Romance, She was pretty, Hwarang) qui joue Oh Ri On, le frère jumeau d’Oh Ri Jin est parfait dans son rôle de grand frère protecteur et un peu mystérieux.

En ce qui concerne le reste du casting, je regrette simplement que Kim Yu Ri – qui joue Han Chae Yeon, le premier amour de Cha Do Hyun – joue encore et encore le même rôle, celui de la peste qu’on finit toujours par détester. Elle est carrément sous-employée, surtout lorsqu’on considère son rôle dans The Master’s Sun où elle montre un talent comique que les réalisateurs et les scénaristes ont tort de ne pas exploiter, et c’est fort dommage.

II/ Le scénario

   1. Une histoire bien ficelée

Le scénario est plutôt intelligent et se distingue des dramas traditionnels : Je n'ai pas eu le sentiment qu'il y avait d'épisodes en trop, ou d'épisodes de "remplissage" comme on en trouve malheureusement souvent dans les dramas en général. La raison principale est sans doute est qu’il y a plusieurs fils conducteurs à ce drama et que le drama ne s’arrête pas seulement à un seul aspect, comme la romance, le drame, la maladie... Tout est traité en temps et en heure si bien que l’histoire ne s'essouffle pas et distribue le suspens comme les Coréens savent si bien le faire. Par conséquent, l’histoire reste, dans son ensemble, plutôt cohérente, avec une tension dramatique qui monte en crescendo et des révélations inattendues si bien que l’on s’ennuie guère.

Par ailleurs, le drama parvient à bien doser entre humour et drame, ce qui permet au spectateur de souffler un peu, puisque les sujets abordés sont quand même assez pesants, grâce a Ahn Yo Na, Perry Park ou même Oh Ri Jin.

   2. Aime-moi, tolère-moi

Le drama s’intéresse à la tolérance, aux rapports entretenus avec autrui et la façon dont ce dernier nous perçoit. Sujet oblige, l’histoire pose la question de l’identité, à travers Cha Do Hyun mais également à travers Oh Ri On et Oh Ri Jin, surtout le premier qui est aussi un écrivain.

C’est d’ailleurs à travers lui que le drama opte pour un point de vue intéressant : ce dernier, afin de conserver l’anonymat lui permettant de vivre une vie normale, utilise le pseudonyme « Omega » (Il y aurait d’ailleurs beaucoup à dire sur les « noms » dans le drama, entre Oh Ri On/Orion ; Oh Ri Jin/Origine et Omega, entre autres). Lorsqu’il rencontre Cha Do Hyun pour la première fois, il croit d’ailleurs que ce dernier utilise comme lui un pseudonyme, et qu’il se comporte différemment comme s’il était quelqu’un d’autre – postulant qu’il s’agit comme lui d’une précaution, d’une façon de se protéger pour préserver sa liberté. Et en effet, il a tout à fait raison, puisqu’au final, les troubles de la personnalité de Cha Do Hyun trouvent leurs origines dans des traumatismes de son enfance, comme le drama le démontre plus tard, accompagné de toutes les références psychologiques que la présence d’Oh Ri Jin permet de mettre en évidence. On peut toutefois considérer l’approche d’Oh Ri On comme une approche qui se veut plus « artistique » et le drama a l’intelligence de présenter ces deux idées.

Si je parle aussi de l’aspect « artistique », c’est aussi parce que le drama, à plusieurs moments, s’attache à présenter une approche distancée avec le sujet traité grâce notamment, à différentes références au genre du drama évoqué par la bouche même des personnages : à un moment par exemple, Oh Ri Jin et Oh Ri On se disputent et leur père commente leur rapport en disant qu’ils passent du « mélo » au « comique », comparant leur relation ensuite à un film d’horreur, etc. De même, le fait qu’Oh Ri On soit un écrivain donne une approche « métatextuelle » au texte : la fiction n’est que de la fiction. Ainsi, lors de l’épisode dans lequel la famille fête avec Cha Do Hyun la nouvelle année, les acteurs « franchissent » la barrière avec le spectateur, en souhaitant la nouvelle année directement à la caméra, comme pour la souhaiter aux spectateurs. De même, lors d’une course-poursuite épique durant laquelle Ahn Yo Na est poursuivie par Oh Ri On, lui-même poursuivi par Ri Jin, toute la rue est vidée et les passants sont tous agglutinés sur les trottoirs pour encourager cette course effrénée. Si cela paraît étrange dans un premier temps, il se trouve que c’est le réalisateur lui-même qui a appelé les fans à se rendre sur place la veille, via les réseaux sociaux afin d’assister à ce spectacle.

Si je me contente de les remarquer, je pense que ces éléments mériteraient réellement d’être étudiés en profondeur parce que c’est rare de voir cela dans une série TV, et dans les dramas particuliers.

 

En conclusion, je conseillerai réellement de regarder Kill Me, Heal Me tant ce drama est, je pense, marquant, aussi bien grâce aux acteurs – surtout Ji Sung qui est un acteur très talentueux – que grâce à l’histoire et à la réalisation.

 

Kill Me Heal Me - Trailer